Catégories

Images aléatoires

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Jodorowsky

 

 

JODOROWSKY  Conférence du 22/4/2006 à la librairie Les 100 ciels à Paris.

 

Pour Alexandro, le principal exercice de développement personnel est d'adopter une attitude inverse à celle de notre personnalité habituelle. Certaines personnes n'imaginent même pas que leur perception de la réalité puisse être autre chose que LA réalité, qu'elle soit autre chose que ce qu'ils conceptalisent, que ce à quoi ils croient.  Par exemple, l'habitude de critiquer. Mais tout ce qu'on critique c'est soi-même ! c'est ce qu'on ne voit pas en soi, un point c'est tout.


Alexandro poursuit, toujours avec son style inimitable et entrainant, par les débuts de sa vie spirituelle, quand, plus jeune, alors qu’il était au Mexique, il s’est mis en quête d’un maître. Et il a trouvé un maître Zen. Car quand on veut évoluer, il faut se mettre au travail ! Il est passé par des moments terribles auprès de ce maître, (qui semble-t-il appliquait une discipline de fer), a pratiqué d’innombrables exercices afin de faire face à sa propre subjectivité, comme marcher des kilomètres en jetant une lourde pierre à pas, afin de se débarrasser de son poids génétique, social et culturel ; ou encore observer sa façon de toujours se comparer et de tout comparer.

 

 Comme Jung, considérons l’inconscient comme notre allié, comme l’infini des possibilités, et non comme Freud, comme un entassements de refoulements ! On n’est pas dans un coin de l’univers, on est l’univers ; on est soi-même la grande merveille de la création. Et chacun de nous a une responsabilité universelle.

 D’autres exercices consistaient à effectuer des visualisations afin de se déconditionner, sortir de l’éternel retour sur soi-même, de l’éternel moi, moi, moi. Apprendre la relation aux autres. Nous sommes tous unis mais on ne s’en rend pas compte : tout ce qui arrive à l’autre arrive à moi ; tout ce que j’obtiens, c’est pour l’autre. Un autre exercice était de reproduire sur un papier le dessin qu’une autre personne exécute dans son dos : arriver à communiquer à travers la peau ; ou encore passer une méditation à peindre un mur en blanc : apprendre à dépasser la caquettement de son mental. Apprendre à comprendre que c’est le cœur qui pense  en prenant la tête d’un autre sur son cœur. Un autre exercice était d’écrire 500 définitions  des personnes que l’on connaît, et réaliser ainsi à quel point on est peuplé de personnes et de leurs jugements.

Finalement Alexendro propose un exercice à l’assistance : chercher les différents égos (ou sous-personalités) qui nous animent : mettre en lumière quels sont les différents « moi » qui prennent la direction de notre vie, pour arriver finalement au moi directeur. Pour cela il faut les dénommer, attribuer un nom à chacune des sous-personalités qui nous animent : au minimum 12 noms à trouver (négatifs et positifs) ; comme « Alexandrito le timide », « Alexandro l’exhibitioniste », « Romeo le romantique ». Suite au témoignage concernant une sous-personnalité colérique d’une personne qui était montée sur scène, Alexandro enchaîne sur la contre qualité de notre tendance au tragique : tout prendre avec humour, car tout est comique, telle l’image des sages chinois qui rigolent. Le zen aussi est humouristique. Rigoler de tout ce qui nous arrive dans la vie, même de ce qu’on est sensé normalement prendre de façon tragique. Après quelques exemples d’hilarités forcées qui font beaucoup rire l’assistance, Alexandro propose de passer à un tirage de tarot. Marianne interprète d’abord, puis ils s'échangent le micro à plusieurs reprises.

Le thème est : la relation amoureuse.

A un moment, Alexandro cite un de ses poèmes mystiques : si tu n’aimes pas, c’est ton problème, ce n’est pas mon problème ; mais ne me cloue sur ta croix.

Marianne continue : de même, si je ne m’aime pas, c’est mon problème. Il faut se rappeler que l'arbre généalogique nous sculte. Trop donner aussi est un problème. Il est possible que l'arbre nous a appris qu'il faut donner beaucoup sinon on ne sera pas aimé. Parfois le don (trop donner) est une excuse pour ne pas regarder son problème qui est "je ne m'aime pas assez".

Alexandro, qui doit prendre un avion le soir même, commence un exposé très profond sur la créativité.

La créativité peut changer la vie. Il n'est pas besoin de chercher sa créativité car on est tous créatifs. Pour la développer, il faut trouver les limites que l'on nous a imposé, comme les limitations spaciales par exemple : on nous a cassé notre conception de l'espace infinie, ce qui contribue à notre intellectualité limitée. Pour être créatif, il faut savoir voyager dans toutes les directions. De même, certaines personnes ont une obsession  de l'âge, ce qui est un manque incroyable de créativité. Apprendre à méditer sur l'infini de l'espace et l'infini du temps. Appréhender l'éternité. De même, on a mis des limites à nous-mêmes. Par exemple, on nous dit : "qui es tu pour me dire cela ?" Mais le moi peut tout à fait être immense ! On a pris l'habitude de nous considérer comme de pauvres personnes, sans droit, humiliés. Mais la créativité du monde entier est en chacun de nous. Je suis dans le monde et je suis aussi en moi, alors qui suis-je ? On se rend compte alors qu'il y a deux forces dans l'univers : celle qui créé la conscience, devenir toujours plus conscient, plus complet. Imaginez, à l'origine tout vient d'une pierre. Dans notre cerveau il y a des millions de neurones et nous ne développons qu'un niveau d'informations social. Nous étions à l'état de singe il y a seulement quelques dizaines de milliers d'années ; imaginez quel bond nous aurons fait dans 30 000 ans ! Nous avons eu un cerveau reptilien, puis de mammifère, puis le cortex, et on va avoir un 4ème, puis un 6ème cerveau ! C'est à dire qu'aujourd'hui, on est un peu comme des gorilles, on n'arrive à comprendre tout. Notre cerveau n'est pas fait pour penser l'impensable. Plus tard, on pourra. Mais dans notre cerveau il y a le futur. On est préparé à voyager dans l'univers, on est préparer à tout avec ces millions de neurones, et ce qu'on fait, c'est créer des réseaux de neurones limités. Chaque personne a son propre réseau. Mais le meilleur réseau est infini. Quand toutes les cellules de notre cerveau seront unies au réseau universel, là on aura une puissance universelle, et chacun de nous pourra faire des choses qu'on ne peut même pas imaginer. Mais avant cela il y a des manifestations qui viennent de la préhistoire, qui vont se répéter, par imitation. Ce sont des idées fixes qui se répètent, mais qui ont été, commes les religions, absolument nécessaires dans notre évolution. Mais ces limitations ne sont plus nécessaires aujourd'hui. Par exemple, aujourd'hui un Pape sans papesse ne correspond plus à notre niveau de conscience actuel. Des hommes seuls qui prient dans la Mecque sans  les femmes à côté non plus, tout comme prier un Dieu extérieur au lieu d'un Dieu intérieur.

Donc il faut apprendre à se débarrasser de toutes les limitations qu'on a intégrées en nous depuis notre naissance, on est comme coincés. Imaginez l'âme infinie qui s'incarne dans le petit bébé et toute la génétique qui lui tombe dessus ! Tant de limitations familiales nous tombent dessus. Il est souvent (Freud) considéré que les 4 malheurs sont la naissance, la maladie, la vieillesse et la mort, alors que ce sont les 4 merveilles de la vie ! Sur le chemin de chemin de l'illumination, notre être illimité et merveilleux rentre en conflit avec toutes les limitations que l'on vit. On n'arrête pas d'imiter. Alors que doit-on faire ? On peut faire la liste des idées reçues. Ecrivez toutes les idées reçues que vous avez, et brûlez le papier. Se libérer des imitations, s'approcher de son authenticité. Pas de la vérité, de l'authenticité. Etre soi-même. De même dans l'éducation, faites confiance absolue à votre enfant. Ne pas s'opposer à ses aspirations. Et leur parler comme à des adultes si on ne veut pas qu'ils restent toute leur vie comme des petits enfants.


Voici une video de Jodorowsky le 17/05/2007 en Belgique :


Maelström FiEstival #1 : A. Jodorowsky
envoyé par maelstromITV

Tirer les tarots est un art divinatoire. S'octroyer un coup de pouce dans les difficiles choix que l'on doit faire dans la vie, chercher un clin d'oeil de notre impalpable destin. Tout est basé sur la fait que le hasard n'existe pas. Bien-sûr, tout a un sens (ou tout à une cause ?) ; et tout a une origine. Mais le tarot c'est bien plus que cela. C'est également un des grands outils de développement personnel et de connaissance de soi. Chaque lame représente un archétype universel. Et avec 22 lames majeures et 56 mireures, l'immense diversité du monde peut s'y retrouver. Chaque lame est bourrée de symboles. On peut ainsi établir une véritable communication avec son inconscient. Bien-sûr la qualité des protagonistes est essentielle, mais c'est d'abord à soi de plonger dans la profonde compréhension du lien qui nous unit en permanence à notre inconscient. 

Dénué de caractère religieux, la spiritualité du tarot est de plonger au coeur de la réalité symbolique du monde manifesté. Et en particulier la réalité de ses propres origines. Un langage symbolique avec sa généalogie et ce qu’elle nous a légué, et certainement ce qu'elle nous a laissé à travailler, peut se tisser, et Dieu sait s'il est démontré aujourd’hui combien on y est profondément lié (psychogénéalogie). Se réaliser spirituellement est une chose. Une grâce aussi si on a de chance. Mais se réaliser dans la vie, c’est avant tout se réaliser à travers ce que l’on a hérité, et à travers notre relation à cet héritage, ou challenge de vie.

Dans le monde des tarots, un nom revient souvent : celui d'Alexandro Jodorowsky. considéré comme un maître de tarots, c'est un écrivain prolifique, et bien plus (voir plus bas). C'est donc avec intérêt que je me suis rendu pour la première fois à une conférence, donnée à la librairie "les 100 ciels" à Paris. Accompagné de ma femme, qui a eu la bonne intuition de m'accompagner. Et je dois dire que nous fûmes bleufés. On a reconnu un homme universel ayant acquis une profonde compréhension de lui même et du monde. Aller voir Jodo, c’est un grand plaisir. C’est retrouver un peu d’espoir quant à la condition humaine dans notre actuelle France déprimée. Jodorowsky est un homme hors du commun à bien des égards, et c'est une chance de l'avoir parmi nous à Paris, surtout qu'il vient "se produire" (cabaret mystique)gratuitement dans la salle de conférence de la librairie les 22 de chaque mois  puis il dédicace ses livres (le site, dans la catégorie "évènements" permet de vérifier la date exacte chaque mois: http://lescentciels.free.fr/). Je l'ai rencontré peu avant ses 77 ans, et je crois que c'est aussi le père que je cherche à travers lui. Il faut savoir qu'il existe de nombreux différents jeux de tarot. Jodorowsky a donné son nom à l'un d'eux, qui est un "tarot de Marseille" amélioré et complété (ou restauré).

Il existe paraît-il de plus en plus de "bars à tarots". Celui, à part, ou Jodorowsky consulte directement les mercredi (il faut obtenir préalablement un ticket) : "le téméraire", 32 av Daumesnil à Paris, et celui ou on peut rencontrer quelques uns de ses élèves (notamment Moreno) les mardis pour un tirage (gratuit): "le bar sans nom" 49 rue de Lappe, Paris

Un blog est particulièrement bien documenté sur Jodo : http://thierryleblog.hautetfort.com/list/lecture/jean_giraud.html

Deux extraits :

 

Alexandro Jodorowsky est né le 17 février 1929 à Irique, petit bourg du nord du Chili, où ses parents, un couple de Juifs russes fuyant les pogroms, sont venus s'installer

En 1953 Jodorowsky quitte le Chili, qu’avec son théâtre de marionnettes, il a auparavant parcouru en tous sens, contre l'avis de son père qui l'aurait préféré médecin. Destination Paris, où il commence par forcer la porte du Mime Marceau. Il lui écrit quelques-unes de ses plus célèbres pantomimes. Cinq ans plus tard, il abandonne pourtant la troupe, devient peintre en bâtiment, fréquente les surréalistes et fait la connaissance de Maurice Chevalier, qui l'engage pour dépoussiérer son spectacle

En 1962 Avec Roland Topor et Fernando Arrabal, il créé le groupe Panique, pied de nez insolent et rigolard à l'intransigeance du mouvement surréaliste. L'histoire en retiendra quelques happening inénarrables, où se côtoient humour, performances sportives et pornographie.

En 1965 Jodorowsky s'embarque pour le Mexique, dans les bagages du Mime Marceau, qui lui a demandé de rempiler pour une tournée sud-américaine. Il y restera huit ans. Le temps de créer le Théâtre d'avant-garde de Mexico, d'adapter au cinéma une pièce de Fernando Arrabal, Fando et Lys, puis de tourner ses deux films les plus célèbres, El Topo et La Montagne Sacrée. C'est également au Mexique que Jodorowsky touche pour la première fois à la bande dessinée. Pour le dessinateur Manuel Moro, il imagine le personnage d'Anibal 5, et lui-même illustre pendant cinq ans ses Fabulas panicas (fables paniques) pour un hebdomadaire de Mexico.

En 1973 c'est le retour en france et la mise en chantier de son adaptation de "Dune", film sur lequel il travaillera jusqu'en 1979 mais qui ne verra jamais le jour.

En 1980 Jodorowsky et Moebius (Jean Giraud) se lancent dans les Aventure de John Difool. Avec elles, Jodorowsky fait une entrée fracassante dans le monde de la bande dessinée européenne, dont il devient l'un des scénaristes les plus originaux - et les plus prolifiques : il imagine des histoires pour Arno (Alef-Thau), etc...

En 1996 Jodorowsky reçoit à Angoulême l'Alph'art du meilleur scénario pour le premier volume de sa nouvelle série avec Georges Bess, Juan Solo. Il arrache ainsi la reconnaissance d'un milieu qu'ont longtemps déconcerté sa débauche d'énergie tous azimuts et une tenace odeur de soufre mystique. Outre ses activités de cinéaste (il a sept films à son actif, le dernier, Santa Sangre, tourné en 1992), Jodorowsky est un spécialiste incontesté du Tarot de Marseille, un maître de conférence anachronique qui chaque semaine, devant une assistance fidèle, extirpe de l'Almanach Vermot quelques leçons philosophiques, l'inventeur du concept de psycho-magie et un écrivain de plus en plus assidu, dont le dernier roman, L'Arbre du Dieu Pendu, a été traduit en français en 1996.

(.....)

On sait que cet ancien agitateur culturel, d’origine juive russe et grandi au Chili avant d’adopter l’Europe via le Mexique, s'est depuis longtemps mué en sage, aide les gens à trouver leur chemin dans le chaos spirituel moderne, grâce en particulier au jeu du Tarot. Voilà trente cinq ans qu’il reçoit chaque semaine, le mercredi, des gens venus de toute l’Europe, dans un bistrot transformé en “cabaret mystique” où, de façon rigoureusement gratuite, il tire les cartes à vingt-deux personnes, tandis que tout autour, une foule de plusieurs dizaines de quêteurs-de-sens se presse, pour entendre ce que dit l’artiste... parfois à voix basse quand, ayant (très compassionnellement) interpelé et écouté son “patient”, puis attentivement étudié son “arbre” (généalogique), il lui prescrit l’acte “psychomagique” destiné à ritualiser sa guérison.

Dans le vaste mouvement de découverte - ou de redécouverte - du transgénéalogique, Alexandro Jodorowsky fait figure d'outsider et de pionnier. Qu'est-ce que le “transgénéalogique” ? C'est la prise en considération, notamment par les thérapeutes, de tout ce qui nous touche, au corps, à l'âme et à l'esprit, en provenance de notre ascendance, de notre lignée. “ Or, dit Jodorowski, dans chacun de vos ancêtres, il y a un Bouddha qui dort : si vous voulez vous éveiller, travaillez à hisser votre arbre généalogique entier au niveau de sa bouddhéïté. ” Cet entretien a été publié dans “J’ai mal à mes ancêtres ”, de Patrice van Eersel et Catherine Maillard.

Présentation

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus